QUAND?
Vendredi 10 avril
A QUELLE HEURE?
De 18h00 à 19h00
OU?
À Parenthèses
Enquête sur la mort selon la tradition taoïste, La Forteresse des âmes mortes est une pérégrination spirituelle et anthropologique qui nous entraîne bien au-delà de la seule dimension physique des événements.
Préfacé par Juliette Binoche, La Forteresse des âmes mortes (Actes Sud, 2024) se lit comme un véritable thriller métaphysique et cosmique, traversé d’énigmes, de fantômes et de revenants.
Récit à la fois personnel et métaphysique, l’ouvrage nous plonge au cœur des montagnes chinoises, là où se tissent des liens invisibles entre le monde des morts et celui des vivants. Dans la culture chinoise, les disparus qui hantent les vivants portent un nom singulier : les « mal-morts ».
Anthropologue marquée très jeune par le deuil de sa mère, Sandrine Chenivesse part, au début des années 1990, à la rencontre de ces âmes errantes, alors qu’elle n’a que vingt-quatre ans. Sur le terrain, attentive aux rituels taoïstes, elle mène de front une enquête universitaire et une quête intime profondément entremêlées. Elle découvre alors qu’il est possible de « consolider des frontières poreuses entre les morts et les vivants ».
Et si la fin était un commencement ? Et si la mort ouvrait la porte d’une aventure extraordinaire ? Intrépide et délicate, la jeune ethnologue ose briser les tabous de la Chine des années 1990, encore verrouillée par le silence et les secrets. Depuis sa chambre de la Pension des Cadres du Parti, dans un village isolé au pied du mont Fengdu, elle découvre la cité fantomatique de la « malemort ». Vestiges d’une histoire millénaire, les lieux et les rituels, face au mutisme des villageois, la précipitent dans un vertige à la fois physique et existentiel. Tout bascule.
Du secret au sacré, du visible à l’invisible, de l’indicible au sensible, social et politique, ce journal, tel un roman initiatique dévoile des dimensions insoupçonnées de l’être, entre vivants et morts. Il révèle les strates les plus enfouies des mémoires collectives, des voix de la Terre et des héritages ancestraux.
Sandrine Chenivesse est anthropologue des religions, sinologue, psychanalyste en transgénérationnel et écrivaine. Spécialiste du taoïsme, elle a vécu et mené de longues recherches de terrain en Chine, notamment dans les montagnes taoïstes. Docteure de l’EPHE, elle travaille depuis de nombreuses années sur les liens entre la mort, les rituels, la mémoire et la transmission.