Rencontre-signature avec Marie K. Lecuyer

QUAND?

Vendredi 27 mars

A QUELLE HEURE?

De 18h00 à 19h00

OU?

A Parenthèses

Conspirer avec les morts est une enquête anthropologique qui explore la manière dont Hong Kong, confrontée à la rareté de l’espace et aux contraintes écologiques, transforme ses pratiques funéraires. Marie K. Lecuyer montre comment les vivants et les morts continuent à coexister, malgré les mutations, en inventant de nouvelles formes de mémoire et de présence.

Hong Kong est un territoire saturé, soumis à une double pression : urbanistique (manque d’espace) et environnementale. Cette situation oblige le gouvernement à repenser les pratiques funéraires traditionnelles. L’enterrement classique disparaît progressivement.
La crémation et l’immersion des cendres en mer deviennent les pratiques dominantes.
Ces nouveaux dispositifs modifient profondément le lien entre les vivants et les morts.
Comment maintenir une relation avec les défunts lorsque les pratiques funéraires se dématérialisent ou s’éloignent du territoire ?
Marie K. Lecuyer interroge la possibilité de « conspirer » avec les morts, c’est-à-dire de continuer à leur donner une place dans la mémoire collective et l’espace urbain.
L’auteure accompagne des entrepreneurs du deuil et observe comment habitants et familles inventent de nouvelles manières d’habiter ce territoire saturé.Ces pratiques réinventées permettent de redonner un espace symbolique aux morts et de maintenir une continuité entre générations.

Marie K. Lecuyer est originaire de la région de Saint-Malo.
Anthropologue, elle est actuellement postdoctorante à l’Université McGill au Canada.
Elle a longtemps travaillé sur la question des déchets plastiques et leur « hantise », c’est-à-dire la manière dont ces restes matériels persistent et affectent nos environnements.
Ses recherches explorent les tensions entre urbanisation, globalisation et la charge matérielle et affective des restes.
Elle croise anthropologie, écologie et urbanisme pour comprendre comment les sociétés gèrent les restes, qu’ils soient matériels (déchets) ou immatériels (mémoires des morts).

Un essai d’anthropologie passionnant qui explore la vitalité des morts et leur capacité à résister à l’oubli.
« Comment faire de la place donc, aux mort·es, de manière à les tenir à « bonne » distance du monde des vivant·es : ni trop proche – car le yin risque de « contaminer » et hanter les vivant·es – ni trop loin – pour que leur mémoire puisse être entretenue et apaisée ? Et que se passe-t-il lorsque les mort·es passent par-dessus bord ? Qu’advient-il de cette manière de les alimenter de façon équilibrée par l’intermédiaire de gestes de papier, lorsque la matérialité du milieu change, passant du feu des rituels taoïstes et bouddhiques à l’eau du tournant océanique des enterrements amorcé par le gouvernement ? Sans lieu tangible à partir duquel nourrir les défunt·es, c’est une chanson de gestes rituels, une ritournelle qui les accompagne habituellement dans leur traversée de l’underworld, qui s’interrompt et se réinvente sous d’autres modalités. Les gestes aux prises avec ces mort·es que l’on fait passer font territoire. Ils « territorialisent » les mort·es et en sont leur signature. C’est sur cette géographie mouvante des mort·es et sur la manière dont un régime d’urbanisation reconfigure une écologie d’esprits nourrie et cultivée par des sacrifices d’effigies de papier que je suis partie enquêter une première fois pendant huit mois, de mai à décembre 2021, puis lors de visites plus courtes en 2024 et 2025. »

Entrée libre et gratuite.